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1200x1200Quel impact sur la qualité de l'air ?

En janvier 2017, 11 bus hybrides ont été introduits sur le réseau TEC namurois. Ces bus faisaient partie d’un projet pilote, précédant l’arrivée de 298 bus hybrides sur l’ensemble du réseau wallon.

L’objectif environnemental de ces nouveaux bus a été clair : réduire les émissions de CO2 (gaz à effet de serre) et de polluants atmosphériques (impact sanitaire). Les émissions dues aux bus sont en effet particulièrement nocives dans les centres urbains : elles sont émises à hauteur d’inhalation de l’homme, et impactent des endroits généralement très densément peuplés.

L’objectif de cette étude a donc été d’enregistrer les concentrations de polluants dans l’air ambiant dans plusieurs situations auxquelles un citoyen est fréquemment exposé : à l’intérieur du bus, à l’arrêt de bus et dans le centre urbain, et d’évaluer l’amélioration de la qualité de l’air suite à l’introduction des bus hybrides. Cette campagne a été menée conjointement par l’AwAC et l’ISSeP en 2017.

Le polluant ciblé pour cette étude est le Black Carbon (ou Carbone suie), un polluant qui fait partie de la fraction la plus fine des particules, et qui est extrêmement nocif pour la santé humaine. Il résulte d’un processus de combustion incomplète et constitue un excellent traceur des émissions du trafic.

Les nouveaux véhicules (Bus de type VOLVO 7900) ont été affectés à des lignes de centre urbain à Namur – les lignes 2, 8 et 9. Le mode électrique, donc zéro-émission, de ces véhicules est activé automatiquement par géolocalisation lorsque les véhicules entrent dans le centre de Namur ou dans le centre de Jambes.

1. Exposition dans les bus

Des agents, munis d’analyseurs du Black Carbon (AE51), ont effectué des trajets sur les lignes 2 et 9 entre la place de l’Ange (centre-ville de Namur) et la place d’Amée (terminal à l’extérieur de Jambes). Au total, 10 trajets ont été effectués sur ce circuit, en bus hybride et en bus thermique, entre le 7 février et le 25 octobre. Les trajets en bus hybride et thermique ont été réalisés lors des mêmes demi-journées afin d’éviter des variations dues aux conditions climatiques. 

Les résultats montrent une claire différence de concentrations de Black Carbon dans les bus hybrides: une moyenne de 1.84 μg/m³ est observée sur les 10 trajets, tandis que les concentrations mesurées dans les bus thermiques s’élèvent à 5,01 μg/m³, soit 2.5 fois supérieures (voir graphique).

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Pour 6 de ces trajets, les concentrations mesurées dans les bus thermiques et hybrides sont comparées aux concentrations mesurées à pied, à vélo et en voiture sur le même circuit. Malgré le faible échantillonnage, l’exposition aux concentrations de BC dans les bus hybrides est significativement inférieure aux concentrations moyennes en bus thermique, à vélo et en voiture (p<0.05). La plus forte exposition est sans surprise observée lors des trajets en voiture. 

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D’autres paramètres ont été analysés, comme l’influence de l’ouverture des portes et la position dans le bus (milieu ou fond du bus), mais aucune tendance significative n’a pu être conclue.

2. Exposition à l'arrêt de bus

L’arrêt de la rue de l’ange a été choisi car la circulation des véhicules y est restreinte, il y a donc très peu de circulation en dehors du trafic des bus, qui lui est assez dense. 8 lignes de bus s’y arrêtent fréquemment, dont les lignes 2 et 9. Les bus hybrides sont en mode électrique dans cette zone, ils n’émettent donc aucun polluant dû à la combustion de carburant. Il faut toutefois noter que lorsque le rechargement électrique des véhicules au terminus n’a pu être effectué en raison de mauvaises conditions de circulation, il se peut que le mode électrique ne soit pas toujours possible dans le centre-ville.

Les mesures de Black Carbon ont été réalisées rue de l’Ange pendant 5 matinées (2h30 de mesures) et discriminées en fonction de 3 situations:

- lorsqu’aucun bus n’est à l’arrêt,
- lorsqu’un bus hybride est à l’arrêt ou
- lorsqu’un bus thermique est à l’arrêt.

Les concentrations ont atteint 4.7 μg/m³ lorsqu’un bus thermique est à l’arrêt, alors qu’elles atteignent 1.9 et 2.2 respectivement lorsqu’un bus hybride est à l’arrêt et lorsqu’aucun bus ne passe - ces deux dernières valeurs n’étant pas significativement différentes l’une de l’autre (cf graphique).

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L’impact des émissions du bus en mode électrique sur les concentrations à proximité est donc environ 2.5 fois moindre par rapport au bus thermique, ce qui avoisine les concentrations mesurées sans véhicules.

A titre de comparaison, la valeur annuelle moyenne en 2017 observée à Vielsalm, en milieu rural loin de toute circulation s’élève à 0.33 μg/m³, le maximum horaire étant de 2.26 μg/m³.

3. A Namur

La Ville de Namur a fait l’objet d’une vaste campagne de mesure de la qualité de l’air. Plusieurs remorques de mesure de la qualité de l’air et une cinquantaine de tubes passifs NO2 ont été déployés dans Namur et Jambes depuis 2012 dont une partie est toujours en place actuellement.

Les mesures réalisées par tubes passifs NO2 n’ont pas changé de localisation et sont continues dans le temps, il est donc possible de moyenner les concentrations sur une année, en 2016 et en 2017, c’est-à-dire avant et après l’introduction des 11 premiers bus hybrides. Le polluant mesuré est le NO2, qui est également un excellent traceur de la pollution due au trafic.

Ci-après se trouvent les résultats de 5 de ces points de mesure, choisis car situés sur les trajets des bus hybrides (lignes 2 et 9) : rue Saint Jacques (points 59 et 60) et rue de l’Ange (points 64, 65 et 69).

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Une diminution systématique des concentrations en NO2 est observée à chaque point de mesure entre 2016 et 2017.

Cependant, il faut prendre ces résultats avec précaution, car cette diminution peut aussi être influencée par d’autres facteurs, notamment le fait que 2017 a été une année avec des conditions météorologiques plus favorables. Un point de mesure éloigné de toute source (Citadelle) enregistre d’ailleurs une légère diminution entre 2016 et 2017.

Toutefois, ces premiers résultats sont plutôt optimistes et laissent présager un impact bien plus conséquent lorsque la totalité des bus hybrides sera mis en circulation dans le centre namurois.

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