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Ce dimanche la COP24 a débuté à Katowice en Pologne.

Cette COP s’ouvre juste après la publication du rapport spécial GIEC sur les conséquences d’un réchauffement planétaire de 1,5°C. Les messages clés sont:

  • # Le réchauffement actuel est déjà de plus d’1°C et la température augmente actuellement de 0,2°C par décennie. Au rythme actuel de réchauffement, le seuil d’1,5°C sera dépassé entre 2030 et 2052.
  • # Les contributions actuelles des Parties (les Nationally Determined Contributions) ne suffiront pas à limiter le réchauffement climatique à 1,5°C
  • # 0,5°C de réchauffement supplémentaire signifie une grande différence en termes de risques pour les écosystèmes, de conséquences et points de basculements.
  • # Des trajectoires compatibles avec un réchauffement d’1,5°C impliquent des réductions émissions mondiales de gaz à effet de serre d’environ 45 % en 2030 par rapport à 2010 et des émissions nettes nulles vers 2050.
  • # Cela nécessiterait donc des changements sans précédent dans les deux décennies à venir comme une faible demande en énergie, une faible consommation matérielle et aussi une faible consommation de nourriture intensive en GES. Les mesures technologiques seront nécessaires, tout comme des changements de comportement individuel et des mesures structurelles pour permettre et encourager ceux-ci. La finance aura un rôle majeur à jouer dans cette révolution.

COP242Les deux principaux enjeux de cette COP 24 seront l’adoption des règles de mise en œuvre de l’Accord de Paris et le Talanoa Dialogue.

En ce qui concerne les règles de mise en oeuvre, il s’agit d’opérationnaliser l’Accord de Paris afin de permettre par exemple le rapportage des émissions de gaz à effet de serre ou d’informations sur le financement. Pour les parties, le défi sera de trouver un moyen de respecter le délicat équilibre de Paris sur la différenciation entre les pays dits développés et les pays en développement, la parité entre l’atténuation et l’adaptation, une certaine robustesse juridique et un niveau de détails suffisant.

Le Talanoa Dialogue quant à lui est la première étape du cycle d’ambition de l’Accord. Ce cycle doit permettre tous les 5 ans d’informer les contributions des Parties afin de renforcer l’ambition. Après le dernier rapport du GIEC, ce dialogue devra envoyer un signal politique pour 2020, année où les Parties devront communiquer une nouvelle contribution, ou mettre à jour leur contribution.

Au delà de ces deux enjeux, d’autres éléments ont également une importance considérable comme le financement climatique international. La Wallonie annoncera par ailleurs 8 millions euros de financement climatique dont 4 millions pour le Fonds d’adaptation. Un autre enjeu est lié à l’intégrité environnementale des marchés afin d’éviter une dilution de l’ambition.

Enfin, le plus crucial reste les actions de mise en oeuvre sur le terrain. Lors de sa réunion d’octobre 2014, le Conseil européen a adopté un nouvel objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030 : au moins -40% par rapport à 1990 à l’horizon 2030. Cet objectif a été soumis conjointement par l’Union européenne et ses Etats membres comme contribution à l’Accord de Paris. A noter que cet objectif est domestique et qu’il n’inclut pas l’utilisation de crédits internationaux. Au niveau européen cet objectif se décline :

  • # en un objectif de -43% par rapport à 2005 en 2030 pour le secteur soumis à la directive Emission Trading Scheme (ETS) (2003/87/CE)
  • # et un objectif de -30% par rapport à 2005 en 2030 pour les autres secteurs (non ETS comme le transport, le bâtiment, etc.) qui sont régis par l’Effort sharing decision (ESR).

Par ailleurs, plusieurs législations européennes sur l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables ou encore les standards d’émissions de CO2 des voitures et des camions auront un impact considérable sur l’atteinte de cet objectif européen.

Dans le cadre de l’ESR, les Etats membres et dans le cas de la Belgique, les Régions auront des marges de manœuvre importante pour atteindre leur objectif.

Comme l’a rappelé le GIEC, ces actions d’atténuation et d’adaptation peuvent être porteuses de nombreuses synergies positives avec les objectifs de développement durable. A titre d’exemple, cela peut être l’occasion de promouvoir le vélo afin d’améliorer la qualité de l’air, de réduire les émissions de GES mais aussi de promouvoir l’activité physique pour une meilleure santé.

L’atteinte des objectifs de de l’Accord de Paris nécessitera une coopération, une implication à tous les niveaux (international, national, régional et local) et une approche inclusive. Durant ces deux semaines le focus sera sur cette coopération internationale.

 

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