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Secteur forestier
Land-Use, Land Use Change and Forestry (LULUCF)
Les puits de carbone
Généralités
Pour le secteur forestier, une pĂ©riode dâengagement de quelques annĂ©es reprĂ©sente un instantanĂ© pris au sein dâun cycle long de lâordre de 60-70 ans, ce qui le distingue fortement des autres secteurs, oĂč des modifications plus rapides ou plus radicales sont potentiellement envisageables.
Le secteur forestier fait donc lâobjet de rĂšgles de comptabilisation particuliĂšres, visant Ă tenir compte de ces spĂ©cificitĂ©s, Ă reflĂ©ter au mieux la diversitĂ© des situations rencontrĂ©es dans les diffĂ©rents pays.
Toutes les émissions et séquestrations sont rapportées annuellement sous UNFCCC (United Nations Framework Convention on Climate Change).
Sous le Protocole de Kyoto, seule une partie du secteur LULUCF (Land-Use, Land Use Change and Forestry ) est comptabilisĂ©e par rapport aux objectifs, car le principe est de ne comptabiliser que les sĂ©questrations dâorigine anthropique, liĂ©e Ă lâintervention humaine et non Ă la croissance naturelle des peuplements.
La gestion forestiĂšre relĂšve du niveau rĂ©gional. La promotion de lâusage de la biomasse (Ă©nergie ou construction) relĂšve aussi essentiellement des compĂ©tences rĂ©gionales
La Wallonie reprĂ©sente 79% des forĂȘts belges et est donc particuliĂšrement concernĂ©e par ce secteur.
Niveau européen
Le RĂšglement (UE) 2018/841 Ă©tablit les rĂšgles communes de comptabilisation et vĂ©rification des Ă©missions et des absorptions de gaz Ă effet de serre pour le secteur de lâutilisation des terres, du changement dâaffectation des terres et de la foresterie (LULUCF â Land-Use, Land-Use Change and Forestry).
Le rĂšglement a Ă©tĂ© revu en 2023 pour la pĂ©riode allant jusquâĂ 2030. Afin de contribuer Ă lâatteinte de la neutralitĂ© climatique dâici 2050, le rĂšglement LULUCF rĂ©visĂ© prĂ©voit pour la premiĂšre fois un objectif distinct dâabsorption nette de carbone par le secteur LULUCF de 310 millions de tonnes dâĂ©quivalent CO2 dâici Ă 2030.
Pour la pĂ©riode 2021 Ă 2025, chaque Ătat membre doit continuer Ă veiller Ă ce que, pour le secteur LULUCF, ses Ă©missions de gaz Ă effet de serre ne dĂ©passent pas ses absorptions de gaz Ă effet de serre (« No debit rule »). A partir de 2026, chaque Ătat membre devra accroĂźtre annuellement la part dâabsorption nette afin dâatteindre lâobjectif national dĂ©fini par lâUnion EuropĂ©enne pour 2030. En Belgique, lâobjectif LULUCF est de renforcer le puits de carbone de -320 milliers de tonnes Ă©quivalent CO2 dâici 2030 par rapport Ă la moyenne de son inventaire pour les annĂ©es 2016, 2017 et 2018.
Niveau international
Les modalitĂ©s de comptabilisation des puits de carbone dans le cadre du Protocole de Kyoto sont fixĂ©es par les articles 3.3. et 3.4 du Protocole. Les dĂ©tails de mise en Ćuvre de ces articles sont dĂ©cidĂ©s par la ConfĂ©rence des Parties (COP/Conference of the Parties)
Protocole de Kyoto, période 2013-2020
RÚgles de comptabilisation adoptées à Durban (FCCC/KP/AWG/2011/L.3/Add.2)
Art 3.4, Gestion forestiĂšre : Selon les rĂšgles de comptabilisation adoptĂ©es en 2011 par la COP17 Ă Durban, la comptabilisation de la gestion forestiĂšre selon lâarticle 3.4 devient obligatoire pour la 2e pĂ©riode dâengagement et effectuĂ©e par rapport au niveau de rĂ©fĂ©rence. Pour les Etats-membres, le niveau de rĂ©fĂ©rence reprĂ©sente le puits de carbone projetĂ© pour 2013-2020. Les projections permettent ici de reflĂ©ter lâimpact de la structure de classe dâĂąge actuelle âhĂ©ritĂ©e de situations historiques et/ou de gestion forestiĂšre passĂ©e- sur les puits futurs.
Les dĂ©bits ou crĂ©dits (Ă©missions ou sĂ©questrations) sont comptabilisĂ©s par rapport Ă ce niveau de rĂ©fĂ©rence. A politique constante, la gestion forestiĂšre ne devrait donc amener ni dĂ©bits ni crĂ©dits. Seule la partie du puits dĂ©passant le niveau de rĂ©fĂ©rence pourraient ĂȘtre comptabilisĂ©e, avec un plafond fixĂ© Ă 3,5 % des Ă©missions de lâannĂ©e de rĂ©fĂ©rence (1990 pour la premiĂšre pĂ©riode dâengagement). Si le puits correspond aux projections, aucune sĂ©questration ne pourrait ĂȘtre comptabilisĂ©e. Si le puits est infĂ©rieur aux projections, des Ă©missions nettes devraient par contre ĂȘtre comptabilisĂ©es. Ces rĂšgles ne seront dâapplication que dans le cadre de la seconde pĂ©riode dâengagement du Protocole, 2013-2020.
Le niveau de référence belge est de -2.499 Mt CO2 eq par an avec HWP et -2.407 Mt CO2 eq par an en supposant une oxydation instantanée des HWP. (FCCC/TAR/2011/BEL sur www.unfccc.int)
Art. 3.3, Boisement/dĂ©boisement : la comptabilisation des Ă©missions liĂ©es au boisement et dĂ©boisement reste obligatoire. Leur impact est limitĂ© et reprĂ©sente une Ă©mission nette de 163 kt CO2 en 2011, soit 0,4% des Ă©missions totales de la RĂ©gion. A noter que les surfaces boisĂ©es et dĂ©boisĂ©es annuellement sont pratiquement en Ă©quilibre (533 ha boisĂ©s pour 500 ha dĂ©boisĂ©s en 2011), mais que ceci aboutit Ă des Ă©missions nettes car les Ă©missions du dĂ©boisement sont comptabilisĂ©es dans lâannĂ©e, alors que le reboisement nâamĂšne quâun stockage progressif du CO2 par les Ă©cosystĂšmes.
Natural Disturbance : les perturbations naturelles (incendies, chablis consĂ©cutifs aux tempĂȘtes, sĂ©cheresses, ravageurs, âŠ), dont lâoccurrence ou la sĂ©vĂ©ritĂ© sont au-delĂ du contrĂŽle par la Partie, peuvent ĂȘtre exclus du systĂšme de comptabilisation.
Harvested Wood Products (HWP) : La comptabilisation des produits récoltés du bois (HWP) est faite sur base des modifications au sein de ce pool durant la période