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Financement climat international
Câest quoi et pourquoi en parler ? Comprendre les enjeux globaux⊠et le rĂŽle concret de la Wallonie.
C’est quoi ?
Le financement climatique international désigne le soutien financier apporté par les pays développés aux pays en développement, afin de les aider à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et à s’adapter aux impacts néfastes du dérèglement climatique.
Comprendre les enjeux globaux… et le rôle concret de la Wallonie
Pourquoi parler de financement climatique ?
Le changement climatique est à la fois un problème global et une injustice majeure. Les pays en développement sont parmi les plus exposés aux impacts climatiques (sécheresses, inondations, pertes agricoles), alors qu’ils ont très peu contribué aux émissions de gaz à effet de serre. Depuis plus de trente ans, la communauté internationale reconnaît donc la nécessité d’un soutien financier des pays riches vers les pays du Sud, afin de financer à la fois :
- l’atténuation (réduction des émissions),
- l’adaptation (faire face aux impacts déjà inévitables),
- et plus récemment, les pertes et dommages liés aux conséquences irréversibles du changement climatique.
Ce principe est formalisé dans les accords climatiques internationaux, en particulier l’Accord de Paris (2015), qui précise le cadre juridique de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (ci-après CCNUCC). Ainsi, une cohérence stratégique est établie via des liens entre l’adaptation, l’atténuation, les pertes et dommages, la justice climatique et le financement multilatéral, qui sont bien articulés.
Le financement climatique international est passé d’un engagement moral à une obligation politique et financière, et la Wallonie – à son échelle – joue un rôle reconnu, cohérent et de plus en plus stratégique dans l’effort mondial face au changement climatique.
Agir contre le changement climatique là où les besoins sont les plus importants contribue également à renforcer la stabilité des territoires, la sécurité alimentaire et la résilience des populations face à des crises qui ont des répercussions à l'échelle mondiale.
Ancrage international
Le financement climatique international est le fruit des négociations multilatérales internationales sur le climat, menées dans le cadre de la CCNUCC. Les principaux engagements ont été définis lors du Sommet de la Terre de Rio (1992), puis renforcés par l’Accord de Paris (2015) et le Glasgow Climate Pact (2021).
Des engagements internationaux devenus des obligations
Dès le Sommet de la Terre de Rio (1992), les pays développés se sont engagés à soutenir financièrement l’action climatique dans les pays en développement. Ces engagements, initialement politiques, sont devenus juridiquement contraignants avec l’Accord de Paris, que la Belgique – et donc la Wallonie – a ratifié.
L’Accord de Paris repose sur un équilibre clair :
- les pays développés ont l’obligation de financer,
- les pays en développement peuvent contribuer sur base volontaire.
Les engagements internationaux de la Wallonie
- l’action wallonne s’inscrit dans une cohérence internationale : la Région wallonne ayant porté assentiment à l’Accord de Paris en matière de financement climatique international, ses engagements en matière de financement climatique international sont des obligations ;
- l’action wallonne s’inscrit également dans le Glasgow Climate Pact de la COP26, soulignant l’urgence d’augmenter le financement climatique.
Appui aux pays en développement
Un des engagements issus de l’Accord de Paris porte sur les moyens de mise en œuvre, à savoir, le soutien financier, technique et technologique apporté par les pays développés aux pays en développement, tant pour l’atténuation que pour l’adaptation.
Objectifs :
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2020 – 2025 : 100 milliards USD/an
L’objectif emblématique, fixé à Copenhague en 2009 et confirmé à Paris, était de mobiliser 100 milliards de dollars par an à partir de 2020, jusqu’en 2025, à partir de sources publiques et privées.
Concrètement, les pays développés ont l’obligation de mobiliser conjointement 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 jusqu’en 2025.
Les données de l’OCDE montrent que les pays développés ont fourni et mobilisé 132,8 milliards USD de financement climatique pour les pays en développement en 2023 et 136,7 milliards USD en 2024. Les chiffres confirment l’objectif de 100 milliards USD établi dans le cadre de la CCNUCC - déjà dépassé en 2022 avec 115,9 milliards USD — et de nouveau été dépassé en 2024 avec une marge croissante.
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d’ici 2035 : 300 milliards USD/an d’ici 2035
Un nouvel objectif vise à tripler le financement destiné aux pays en développement, passant de 100 milliards de dollars par an à 300 milliards de dollars annuellement d'ici 2035.
Quid au niveau wallon ?
Ancrage wallon
L’ancrage wallon du financement climatique international est le décret neutralité carbone du 16 novembre 2023.
L’action wallonne s’inscrit également dans La Déclaration de politique régionale wallonne (DPR) du 11 juillet 2024 stipule que : « Le Gouvernement maintiendra le financement climatique international. En lien avec les autres entités belges, il respectera ses engagements internationaux. ».
Au sein de la Région wallonne, le gouvernement wallon décide de la contribution de la RW au financement climatique international. L’Agence wallonne de l’air et du climat effectue des propositions de financement sur la base d’orientations fixées par le GW. L’Agence wallonne de l’air et du climat se charge ensuite de la mise en œuvre de la décision.
Les financements « climatiques » doivent être additionnels aux budgets classiques de la coopération au développement. Ils constituent donc un effort financier spécifique de la Wallonie consacré, de manière exclusive, à la lutte contre le changement climatique. Ainsi, dans le cadre de ses engagements en matière de financement climatique international, le Gouvernement wallon a estimé que la manière la plus appropriée de démontrer le caractère additionnel de sa contribution, consistait à passer par un organisme ne menant pas d’actions de coopération au développement — en l’occurrence l’AWAC. Un budget nouveau et additionnel lui a donc été attribué, avec pour mission exclusive de contribuer au financement climatique international. De cette façon, la part attendue de la Région wallonne a été clairement sécurisée au sein du financement climatique international géré par l’AWAC. Dans un premier temps, le choix a été fait de considérer ce financement international uniquement sur la base d’une dotation annuelle de programmation (NGW) de l’AWAC. L’objectif était de garantir une contribution claire, lisible et univoque de la Région wallonne au financement climatique international. Toutefois, dans le cadre des exercices de rapportage, il est rapidement apparu nécessaire de présenter une vision globale de l’effort total de la Région wallonne en matière de financement climatique international, incluant également les contributions d’autres entités, telles que Wallonie-Bruxelles International (WBI). Cette approche ne remet pas en cause le principe d’additionnalité, puisqu’elle permet de démontrer une contribution pleinement incontestable, tout en s’inscrivant dans les bonnes pratiques internationales. Les marqueurs de Rio sont utilisés dans les rapports transmis à l’Union européenne et à la CCNUCC (UNFCCC). À cet égard, la contribution de l’AWAC repose exclusivement sur une décision du Gouvernement wallon.
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Période 2021-2024 : budget : 52 M€
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2025 et 2026 : budget annuel hors cadre de 13 M€ en 2025 et de 13 M€ en 2026.
Différents types de contribution
Le décret neutralité carbone du 16 novembre 2023 (art 43) fixe notamment les 3 types d’appui que peut prendre la contribution de la Région wallonne au financement climatique international.
Concrètement, cet appui peut prendre la forme :
- d'une contribution à des organismes internationaux ou à des Fonds multilatéraux ;
- d'une contribution financière pour des initiatives de coopération bilatérale ou internationale ;
- d'un transfert de technologies ou d'un renforcement des capacités pour des initiatives de coopération bilatérale ou internationale. » ;
- les Pertes et Dommages désignent les effets destructeurs du changement climatique non évités par des mesures d'atténuation ou d'adaptation, et pour lesquels il n’existe pas encore d’obligation de financement.
Faits marquants
Fonds pour l’adaptation :
- RW fut l’une des premières entités à avoir cru en ce fonds et à l’avoir financé, entre-temps devenu un des fonds internationaux les plus importants ;
- la Belgique a occupé un siège au sein du Conseil d’administration du Fonds pour l’adaptation pendant plusieurs années, en la personne d’un agent de l’AWAC.
Projets bilatéraux :
- AWAC a financé plus de 50 projets (Afrique, Amérique du Sud et Haïti) depuis 2010 ;
- Ainsi que des partenariats avec les agences belges et wallonne de coopération internationale que sont APEFE et ENABEL.
Financement des Pertes et Dommages (Loss and Damage)
- RW pionnière, au niveau international, avec l’Écosse dans le financement des Pertes & Dommages (CVF-V20 et FRLD) et différentes projets P&D financés par l’AWAC dans différents pays d’Afrique ; la RW a également été parmi les premières entités à avoir financé le « Fonds pour faire face aux pertes & dommages » (Fund for Responding to Loss and Damage).