Effets sur les biens et sur l'économie

Impacts sur la production agricole et sylvicole

L’ozone troposphérique (lié à la présence de polluants primaires tels les NOx et les COV) est un oxydant puissant et perturbe les grands processus physiologiques des végétaux comme la photosynthèse et la respiration, limitant ainsi leur croissance. Cela engendre des pertes de rendement des surfaces agricoles et forestières, plus ou moins importantes selon les espèces. Ces effets se manifestent déjà à des niveaux moyens de concentration dans l’air ambiant.

On estime que les pertes actuelles de rendement dues à l’ozone sont de l’ordre de 5 à 10 % en moyenne sur l’ensemble du continent européen. Le blé, le soja, les légumineuses, les tomates, les oignons et les laitues sont des végétaux particulièrement sensibles. La croissance de certaines essences forestières vulnérables, comme le peuplier, ou le bouleau peut aussi se trouver fortement ralentie, avec des conséquences éventuelles en termes de dépérissement forestier.

L’appauvrissement des sols suite aux pluies acides peut entrainer une baisse des rendements agricoles. Les pluies acides peuvent également avoir un effet direct sur le feuillage en altérant la perméabilité des feuilles et des aiguilles, favorisant ainsi le lessivage de leurs minéraux, ce qui a aussi pour conséquence une réduction des rendements sylvicoles.

La contamination des sols par des retombées en micropolluants (métaux lourds et micropolluants organiques) peut entraîner une contamination des denrées alimentaires produites sur ces sols, les rendant impropres à la consommation.

L’augmentation du rayonnement UV-B causée par les substances appauvrissant la couche d’ozone induit également des répercussions sur la production agricole. Les animaux sont susceptibles de subir les mêmes effets que les êtres humains, en particulier au niveau des yeux. Le rayonnement UV-B est également un frein à la croissance et à la photosynthèse de certaines espèces végétales comme le riz, le maïs ou le tournesol et il est donc à l’origine d’une diminution des rendements agricoles et sylvicoles. Rappelons aussi que les UV-B contribuent à la formation d’ozone.

Impact des émissions d’ammoniac sur l’élevage

L’ammoniac est incriminé dans la diminution des performances zootechniques observées dans certains cas lors d’expositions à des teneurs en NH3 de 50 ppm et plus. Chez des porcelets, on a pu observer une réduction du Gain Moyen Quotidien (GMQ). Même à faible concentration, l’ammoniac semble influencer les performances de reproduction des truies et plus particulièrement l’apparition de la puberté chez les cochettes.

Qu’ils soient chimiques (gaz), biologiques (agents pathogènes) ou physiques (poussières), différents polluants et agents infectieux pourraient ajouter leurs effets nocifs à ceux de l’ammoniac. On peut citer par exemple les larves d’Ascaris suum (ascaris), dont les effets négatifs s’additionnent à ceux de l’ammoniac dans les élevages porcins. On a ainsi observé une réduction du GMQ de 61% lorsque les porcs sont à la fois exposés au NH3, à une teneur de 100 ppm, et infectés par ces larves. Dans les cas où ils sont soit exposés au NH3, soit infectés, la diminution du GMQ est de respectivement 32 et 28%.

L’ensemble de ces problèmes et risques exposés ici dans les élevages porcins sont aussi mis en cause en aviculture avec des effets similaires à ceux cités pour le porc.

Tout ceci a conduit à l’installation de dispositifs de ventilation, à la vidange plus fréquente des pré-fosses et, plus généralement, à des normes d’élevage (ventilation, densité, valeur d’exposition). A l’évidence, une meilleure ventilation des bâtiments permet, par dilution, de réduire la teneur en ammoniac de l’air extrait, mais elle favorise la volatilisation totale de l’ammoniac et augmente donc les quantités émises vers l’extérieur. On déplace donc les problèmes engendrés par l’ammoniac du bâtiment vers l’environnement extérieur.

Dégradation du patrimoine bâti

La pollution par les fluorures peut provoquer la corrosion d’objets inorganiques, comme les vitrages.

Le SO2 est également corrosif et provoque une accélération de la dégradation de la pierre suivant un processus complexe.

Les pluies acides générées par les polluants atmosphériques acidifiants entraînent une érosion des surfaces métalliques (cuivre, zinc, etc.) et dégradent certains types de pierres utilisées dans la construction.

Les métaux présents dans les gaz d’échappement comme le plomb, le fer, l’aluminium, le manganèse ou le nickel, peuvent servir de catalyseurs dans les phénomènes de dissolution du calcaire par les acides gazeux de l’atmosphère.

Etant donné qu’il constitue un puissant oxydant, l’ozone contribue à détériorer, déjà aux concentrations de fond enregistrées dans nos régions, de nombreux matériaux, comme les peintures, les plastiques, le caoutchouc ou le nylon, par exemple.

L’augmentation du rayonnement UV-B causée par les émissions de substances appauvrissant la couche d’ozone induit également des risques accrus de vieillissement accéléré des bâtiments, bois, plastiques, peintures et emballages.

Les particules en suspension, notamment celles provenant de la combustion de carburants, sont responsables d’un noircissement de la surface des monuments et des bâtiments par la formation d’une pellicule, grise à noirâtre, plus ou moins friable, dont l’épaisseur peut aller de quelques dixièmes de millimètres à quelques millimètres.

Nuisances

Les dépôts de poussières peuvent créer des nuisances pour les riverains situés près d’une source d’émission. Les poussières se déposent sur les bâtiments, le mobilier, les végétaux et dégradent le cadre de vie de manière générale.

Des odeurs gênantes peuvent également être perçues par les riverains situés près d’une source d’émission de COV, de H2S, de NH3,…

Impact sur les activités professionnelles

Les problèmes de santé dus à la pollution de l’air intérieur ou extérieur provoquent un absentéisme ou une indisponibilité accrus de la population active professionnellement.